Comment se préparer aux chamboulements de la rentrée ?

La rentrée est souvent une période charnière pour les enfants, mais également pour les parents. Nouvel établissement, nouveau trajet pour aller à l’école, entrée en collège ou au lycée, nouveau rythme pour la famille… votre quotidien et celui de vos enfants est bien bousculé. Comment anticiper ces changements ? Quelles solutions pour se faire accompagner ? Quelles aides ?

5 conseils valables pour toutes les rentrées

1. Reprendre le rythme

Julie, enseignante dans le Vignoble : "Je conseille aux parents de prévoir, une semaine avant la rentrée, de redonner un rythme aux enfants. Pendant les vacances, on se lève et on se couche plus tard. Avant la rentrée, quelques couchers et levers à des horaires raisonnables me paraissent être une bonne base". 

Nicolas Peraldi, psychologue : "C’est important de préparer au rythme de l’école, du collège ou du lycée au moins une semaine avant la rentrée". 

2. Revoir les copains et les copines

Julie, enseignante dans le Vignoble : "Ça peut être bien de revoir les copains et les copines un peu avant la rentrée. Cela permet de partager le stress : "quels profs je vais avoir, quels amis seront dans ma classe etc. ?". 

3. S’approprier la rentrée

Nicolas Peraldi, psychologue : " pour les plus petits, organiser le cartable avec eux leur permet de mieux se préparer à la rentrée".

Julie, enseignante dans le Vignoble : "S’acheter un peu de fournitures, comme un trousse ou un crayon, c’est déjà un peu s’approprier sa rentrée".

4. Anticiper

L’inscription à l’école, le choix du collège ou du lycée en fonction de la carte scolaire, des options proposées ou des filières d’orientation envisageables ; le trajet vers l’établissement, les transports scolaires ; le régime scolaire (internet, demi-pension etc.); le périscolaire et les activités extra-scolaires, tout cela s’anticipe avant la rentrée. 

5. Se faire accompagner

La rentrée est souvent une période un peu agitée. En tant que parent, vous pouvez trouver du soutien auprès des associations de parents d’élèves. En cas de difficultés personnelles passagères, vous pouvez également profiter de certaines aides. Si c’est votre enfant qui a des besoins particuliers ou qui se retrouve dans une situation compliquée liée à la phobie scolaire, des jeux et comportements dangereux ou du harcèlement et des violences ; vous pouvez vous rapprocher de l’équipe pédagogique de l’établissement, mais aussi de lieux et de structures spécialisés qui pourront vous informer et vous accompagner. 

 

La maternelle : une vraie séparation

Depuis cette année, l’inscription à l’école est obligatoire dès l’âge de 3 ans. Autant dire que les doudous sont souvent du voyage pour la première rentrée en maternelle. Un grand pas à franchir pour les enfants, mais aussi pour les parents. "Les premiers jours d’école de Lilla, je n’en menais pas large. Il me semble même que j’ai versé quelques larmes", se souvient Jeanne, une jeune maman qui vit dans les environs de Pont-Château. « Le véritable enjeu de la maternelle, c’est la séparation, aussi bien pour l’enfant que pour les parents d’ailleurs. Même si une séparation a déjà eu lieu à la crèche ou chez l’assistante maternelle, c’est l’école qui vient acter la séparation", explique Nicolas Peraldi psychologue clinicien, psychanalyste qui travaille avec l’École des parents et des éducateurs de Loire-Atlantique. Pour le psychologue, "l’école maternelle est avant tout un lieu pour apprendre à être ensemble et permettre aux enfants d’être séparés de leurs parents. C’est important d’expliquer à votre enfant que vous allez être séparés pour la journée".

"Le véritable enjeu de la maternelle, c’est la séparation, aussi bien pour l’enfant que pour les parents".

Accepter que son enfant ne raconte pas sa journée

"C’est vrai qu’on passe d’une période où on a encore un peu la main sur l’emploi du temps de son enfant à une autre où ce n’est plus vous qui décidez. Il m’est arrivé de passer chercher Lilla plus tôt ou plus tard que prévu chez sa nounou. Quand elle est entrée en maternelle, elle s’est mise à avoir un emploi du temps fixe, raconte Jeanne, ça n’a pas été facile de gérer son absence et d’apprendre à accepter de ne pas savoir ce qu’elle était en train de faire". Un vide que les parents ont souvent tendance à vouloir combler en bombardant leur enfant de questions dès la sortie de l’école. "C’est important de poser des questions, cela montre à votre enfant que vous vous intéressez à lui et que s’il a un problème ou des questions, vous serez disponible pour en parler. En revanche, il ne faut pas s’inquiéter si votre enfant ne vous répond pas vraiment ou s’il reste évasif. Il faut accepter que votre enfant ne vous raconte pas sa journée. Pour lui l’école s’arrête au moment où il vous retrouve."

Le CP : un pas de géant

Le passage en CP est un cap important. Outre l’apprentissage de l’écriture et de la lecture, c’est aussi le moment où les enfants apprennent à devenir des élèves. " L’arrivée en CP peut-être stressante pour les enfants. En maternelle ils peuvent se lever, aller voir un copain ou faire une activité dans un coin. En CP, non seulement on leur dit « désormais vous allez devoir rester assis », mais aussi « vous devez être prêts, être à la hauteur ». Pour un enfant, apprendre à être élève c’est aussi compliqué que d’apprendre à marcher. On apprend, on tombe, on se relève, on tombe etc. Cela demande beaucoup d’efforts et d’énergie. Les enfants ont besoin d’être soutenus et rassurés.", détaille le psychologue Nicolas Peraldi. 

Des équipes pédagogiques attentives

Julie, enseignante dans le Vignoble nantais n’en est pas à sa première rentrée. " Là où j’enseigne, le jour de la rentrée, on affiche les listes de classe et on regarde quels sont ceux qui mangent à la cantine le midi, ceux qui prennent le car le soir, ceux qui repartent avec leurs parents etc. Ensuite on fait rentrer les élèves dans leur classe et avant de débuter la matinée de cours, on prend quelques minutes pour se raconter les vacances, faire un petit jeu collectif, et puis on est attentifs aux enfants qui auraient l’air un peu inquiets ou tristes. Pour les CP, on leur fait faire le tour de l’école. Souvent je demande à des anciens de les accompagner et de les guider. La plupart du temps, ce sont eux qui sont demandeurs : si les CP n’ont pas de leçons à faire dès le premier soir, ils sont déçus !". 

"J’avais hâte de faire de la lecture"

Il ne faut pas oublier que, parfois, les enfants s’inquiètent moins que les parents. Paul, 8 ans, se souvient de sa rentrée en CP à Vallet :"J’avais un petit peu peur parce que je ne connaissais pas le maître. Par contre j’étais pressé de travailler et j’avais hâte de faire de la lecture. Mais j’ai été un peu déçu parce que c’était trop facile. Ce qui était trop bien, c’est qu’il y avait une structure de jeux dans la cour. J’y ai joué et je me suis fait de nouveaux copains". 

"Si les CP n’ont pas de leçons à faire dès le premier soir, ils sont déçus !".

La 6e : dans la cour des grands

« J’ai un peu peur », reconnaît Thomas. De son côté, Titouan avoue être « un peu stressé par la quantité de devoirs à la maison » et le fait de se retrouver à nouveau dans la position du « petit » de l’école. Thomas et Titouan, 11 ans, font cette année leur rentrée en 6e. Thomas intègre le collège Saint-Dominique à Saint-Herblain, tandis que Titouan rejoint le collège Jean Rostand à Orvault. Une crainte tout à fait normale, comme l’explique Nicolas Peraldi, psychologue : « la rentrée en 6e de la même façon que celle en CP, remet les enfants en position de « petits ». En CM2 ou en Grande section, on est les grands, on peut rouler des mécaniques. En CP et en 6e on redevient les « petits ». Non seulement on se retrouve parmi les « petits », mais en plus on doit faire face à quelques changements. « On franchit une vraie marche en arrivant au collège, confirme Valérie Le Goff, responsable de direction de l’éducation au Département de Loire-Atlantique, on passe d’un seul à plusieurs professeurs, on passe de la cantine au self…l’arrivée au collège demande une vraie prise d’autonomie ».  

Plus d’autonomie

« Certains doivent prendre le car ou les transports en commun pour venir », ajoute Perrine Châtelet, chargée du projet éducatif à la direction de l’éducation du Département. C’est le cas de Thomas qui cette année prendra le tram pour aller au collège. Titouan lui ira à vélo ou à pied. « On se retrouve près d’un rond-point avec d’autres copains et on va ensemble au collège ». "L’autonomie, rappelle Nicolas Peraldi, ce n’est pas se débrouiller tout seul, c’est savoir ce qu’on peut faire seul et ce qu’on ne peut pas faire tout seul". 

Pressés d’être collégiens

S’ils sont un peu inquiets, les deux copains ont aussi hâte de faire leurs premiers pas au collège. « Ce qui me plaît, c’est de découvrir un nouvel environnement. En Primaire, à la longue, c’est un peu tous les jours la même chose ; avec le collège ça va changer. Par exemple, en littérature, tu écris ton propre livre et tu le mets en scène, avec les décors et tout. J’ai vraiment hâte de faire ça », se réjouit Thomas.  Titouan, lui, a « hâte de faire de la technologie, d’apprendre des nouvelles choses en Français, comme le passé simple par exemple, ou de faire de nouvelles activités en Arts-Plastiques », parce que faire des tulipes en papier, il en a vraiment marre.

Moi je préfère manger…au self

Comme beaucoup de primaires, Thomas et Titouan ont visité leurs collèges pendant leur année de CM2, ils n’arrivent pas complètement en terre inconnue. Les deux futurs collégiens ont pu, pendant ces visites, découvrir le self. Une révélation. « La cantine de l’école n’était pas terrible, je pense que le self du collège va être meilleur », assure Thomas. « Au self du collège, tout est meilleur. Normalement je n’aime pas trop les épinards, mais au self du collège, je les ai presque trouvés bons », renchérit Titouan. « Dans les collèges du département, c’est un chef cuisinier qui élabore et prépare les plats sur place », explique Valérie Le Goff.

Moins de place pour les parents

« De prime abord, il y a moins de place pour les parents au collège. Cela peut être une vraie rupture dans le lien avec la scolarité de l’enfant », rapporte Perrine Châtelet. Les parents peuvent pourtant rester impliqués dans la vie de l’établissement, par exemple en intégrant son conseil d’administration et en se rapprochant d’une association de parents d’élèves.

Un dictionnaire bi média offert par le Département

Le Département de Loire-Atlantique offre un dictionnaire bi-média (papier et numérique) à chaque élève qui entre au collège.  

La plateforme E-Lyco, trait d’union numérique avec le collège

La plateforme E-lyco est un espace de travail en ligne accessible à la fois aux équipes pédagogiques, aux parents et aux élèves. Il est possible d’accéder à de nombreuses informations liées à la vie du collège et à la scolarité de votre enfant. À ce jour, l’ensemble des établissements du département de Loire-Atlantique est connecté à e-lyco.

Thomas et Titouan parlent de leur future rentrée en 6e :

Le lycée : tourné vers l’avenir

Quand on demande à Amina qui fait cette année sa rentrée en 1ère dans un lycée de Saint-Nazaire, comment s’est passé le passage entre la 3e et le lycée, elle commence par lâcher un gros soupir. "Normal", finit par répondre la jeune fille de 16 ans, avant de continuer : "franchement je n’ai pas vraiment vu de différence. Le seul truc mieux c’est qu’on était plus avec les "petits" ; au lycée on a l’impression d’être entre grands". En revanche Amina est "saoulée" par l’orientation. "J’ai bien quelques idées de ce que j’aimerais faire comme métier, mais rien de précis". "La question de l’orientation peut provoquer beaucoup de stress chez les lycéens, souligne Nicolas Peraldi, quand on demande à un ado de choisir, pour lui cela signifie renoncer à quelque chose et quand on a 15, 16 ou 17 ans, on a envie de ne renoncer à rien". 

Les centres d’information et d’orientation

La mission d’un centre d’information et d’orientation (CIO) est d’informer, de conseiller les enfants, les jeunes et toute personne qui se pose des questions sur son orientation scolaire et professionnelle. C’est un service public et gratuit. 

Réforme du lycée et nouveau baccalauréat en 2021

Le baccalauréat 2021 reposera pour une part sur un contrôle continu et pour une autre part sur des épreuves terminales. Il n’y aura plus de série en voie générale mais des parcours choisis par chaque lycéen en fonction de ses goûts et de ses ambitions. L’épreuve anticipée écrite et orale de français se déroulera comme aujourd’hui en fin de première. En terminale, deux épreuves écrites portant sur les enseignements de spécialité auront lieu au printemps et deux épreuves se dérouleront en juin : l’écrit de philosophie et l’oral préparé au long des années de première et terminale (cycle terminal).

Parcoursup

Vous pouvez accompagner votre enfant, notamment lors de son inscription sur la plateforme Parcoursup, obligatoire pour l’ensemble des élèves de terminale qui souhaitent s’inscrire dans l’enseignement supérieur.

Les différentes filières

Dès la 3e ou en terminale, se pose la question de l’orientation vers des études supérieures ou la voie professionnelle et l’apprentissage d’un métier. Université, école spécialisée, BTS, mais aussi l’alternance ou les filières professionnelles ; le choix est vaste. 

Retrouvez les principales filières d’orientation après le bac

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