Comment souffler et prendre du temps pour soi ?
Être parent est un travail à plein temps avec, la plupart du temps, de bons moments. Mais parfois aussi des moments où vous arrivez au bout de votre patience et de votre énergie. Avoir besoin de souffler, de prendre du temps pour soi est tout à fait normal. C'est bénéfique pour les parents comme pour les enfants. Certaines situations, comme une séparation, la monoparentalité ou des difficultés éducatives peuvent rendre ce besoin de respirer encore plus fort. Des solutions existent.
Dans ce dossier
Pierre Giraud, responsable du relais parental de la Croix-Rouge à Saint-Nazaire détaille le fonctionnement des relais et une maman raconte ce qu'elle a mis en place pour pouvoir souffler de temps en temps.
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La fatigue, le manque de sommeil et une forte charge mentale sont des marqueurs importants. Le fait d'avoir des attitudes éducatives inhabituelles ou qu'on regrette, comme une punition un peu forte ou des envies de violences doivent également alerter. Une montée de stress au moment du retour de la crèche ou de l'école, ou à l'approche du week-end est aussi un signe qu'on a besoin de souffler.
Pierre Giraud, responsable du relais parental de la Croix-Rouge à Saint-NazaireDès les premiers signes d’épuisement ou si vous vous retrouvez face à une situation qui vous paraît insurmontable, le mieux c’est d’en parler. Vous pouvez en parler à votre médecin, mais aussi avec d’autres parents lors de cafés des parents ou d’échanges. Plusieurs associations et structures peuvent également vous ouvrir leurs portes pour échanger et en cas de besoin, vous aider à trouver des solutions de soutien et d’accompagnement.
L'épuisomètre de Vacances Ouvertes
L'association Vacances Ouvertes propose un épuisomètre. Un outil simple qui permet de mesurer votre niveau d'épuisement dans votre relation vis-à-vis de votre ou de vos enfants.
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Pierre Giraud, responsable du relais parental de la Croix-Rouge à Saint-Nazaire
Les relais parentaux de la Croix-Rouge accueillent de façon brève ou plus longue, occasionnelle ou régulière, les enfants des parents qui ont besoin de répit.
Qui accueillez-vous dans les relais ?
Nous accueillons des personnes d'horizons très variés. Les familles monoparentales représentent une part importante de notre public, notamment des mamans seules qui vivent des séparations compliquées ou qui ont des problèmes de santé. Mais nous accompagnons tout parent qui a besoin de répit. Cela peut être juste pour souffler, à cause de difficultés éducatives, mais aussi en cas d'hospitalisation, d'absence ou d'impossibilité à avoir un mode de garde.
En quoi est-ce bénéfique aussi bien pour les parents que pour les enfants ?
Les enfants peuvent sortir un peu de leur quotidien et voir autre chose, rencontrer d'autres enfants tout en gardant des repères sécurisés. Comme les enfants sont entièrement pris en charge, aussi bien pour les trajets depuis ou vers la crèche, l'école ou le centre de loisirs, que pour les repas et si besoin, les nuits, les parents peuvent vraiment déconnecter.
Et puis, pour certains parents qui nous laissent leur enfant de façon régulière, je pense notamment aux mamans seules, de savoir que tous les mois, elles peuvent avoir un week-end tranquille, cette perspective de pouvoir souffler régulièrement, participe à l'installation d'un climat plus détendu à la maison.
Les relais parentaux de la Croix-Rouge
Sur ses deux relais en Loire-Atlantique, à Saint-Nazaire et à La Montagne, la Croix-Rouge accueille chaque année en moyenne 250 enfants de 3 mois à 10 ans, soit 180 familles. L'accueil des enfants peut se faire de façon ponctuelle, sur un temps court, la journée et la nuit, mais aussi sur des temps plus longs, ou de manière régulière. Les équipes du relais peuvent aller chercher vos enfants à la crèche, à l'école ou au centre de loisirs. La prise en charge est complète.
En plus d'accueillir les enfants, les relais proposent des actions collectives comme des cafés parents, des ateliers cuisine ou des séjours de vacances. Des entretiens avec une ou un psychologue peuvent également être proposés.
Sur place, les enfants sont encadrés par une équipe d'auxiliaires de puériculture et de petite enfance, mais aussi des professionnelles et des professionnels des enfants en situation de handicap (AES). Une psychologue est là de façon ponctuelle. Les relais travaillent également une technicienne d’intervention sociale et familiale (TISF), une travailleuse sociale diplomée d'État pour la préparation des repas et des veilleurs de nuit.
Quelles sont les démarches à faire ?
Vous devez faire une demande directement auprès d'un relais ou être orienté vers un relais par une autre structure (comme la Caf par exemple). Environ un mois plus tard, vous aurez un entretien avec l'équipe pour déterminer vos besoins et voir si le relais leur correspond. Ensuite on établit un temps où votre enfant est pris en charge. Ça peut aller d'une demi-journée à deux jours et une nuit en passant par une semaine complète. Des temps d'adaptation sont prévus pour les enfants. Si vous avez plusieurs enfants, les relais peuvent accueillir les fratries. L'accueil est payant, en fonction du quotient familial. En cas d'urgence, la prise en charge peut être plus rapide.
D'autres solutions pour trouver du répit :
Les lieux d'accueil enfants parents (LAEP)
Les LAEP accueillent les familles et leurs enfants jusqu’à 6 ans pour des temps de rencontre, de jeu et de partage. Dans un cadre convivial et sécurisé, les parents peuvent prendre du recul sur les préoccupations du quotidien, échanger avec d’autres familles, rompre l’isolement et trouver du soutien dans leur quotidien.
Le Parrainage de proximité
Le parrainage de proximité favorise la création d’un lien privilégié entre un enfant ou une mère avec son enfant et un autre adulte ou une autre famille. En fonction de ses disponibilités, le parrain ou la marraine accompagne l’enfant dans des activités de loisirs, de découverte et de socialisation, tout en apportant un soutien précieux à la famille et des temps de répit aux parents.
L'aide à domicile
Vous pouvez avoir recours à plusieurs types d’aide à domicile. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas juste quelqu’un qui vient vous donner un coup de main pour faire le ménage et du rangement dans votre logement. Parmi les différentes formes d’aides à domicile, on peut distinguer l’aide à domicile de la Caf, dont les interventions peuvent être prises en charge partiellement en fonction des ressources de la famille et sous certaines conditions d'éligibilité.
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Aude a 36 ans, elle est maman solo de deux enfants : Gaspard 6 ans et Éloïse 2 ans et demi. Elle vit à Nantes.
Suite à une séparation compliquée, je me suis retrouvée à avoir la garde de mes deux enfants. Ça a été très dur à gérer. Il a fallu retrouver un logement, faire plein de démarches, et remettre en place une nouvelle organisation du quotidien tout en faisant face à la rupture avec mon ancien conjoint.
Je voulais bien faire, donc je me suis énormément investie pour les enfants. J'ai réorganisé mes temps de travail, j'ai prévu plein d'activités avec eux, notamment pour les week-ends. Je n'arrêtais pas. J'étais épuisée, je n'avais plus de bande passante dans mon cerveau. Un jour, dans un parc, Gaspard a fait une crise parce qu'il voulait refaire un dernier tour de toboggan et que j'avais dit non – Il était déjà tard, je savais qu'il fallait encore préparer le dîner, donner le bain et les coucher. Je me suis énervée.
« J'ai crié et je l'ai attrapé par le bras »
Je lui ai fait mal et il s'est mis à pleurer. Tout à coup, j'ai eu honte de mon comportement et j'ai réalisé qu'il fallait que je fasse une pause. J'en ai parlé à une autre maman dont le fils est dans la même classe que Gaspard. Je savais qu'elle était dans la même situation que moi.
Nous avons été prendre un café. Rien que de trouver un écho à ma situation m'a fait énormément de bien. Nous avons décidé de nous serrer les coudes. Un samedi par mois, nous gardons les enfants de l'autre. Ça nous fait à chacune une journée dans le mois où on peut souffler un peu. Il arrive aussi qu'on se dépanne pour une soirée. C'est pas beaucoup, mais c'est suffisant pour recharger un peu les batteries.