Méryl Magnet répond à nos questions :
Au-delà du code de la route auquel il est conseillé de sensibiliser les enfants le plus tôt possible, je pense qu'il est essentiel de travailler sur le rapport au risque. L'âge auquel les adolescents et les adolescentes accèdent à un véhicule motorisé, correspond à l'âge où on peut être tenté de repousser les limites. Or, la majorité des accidents de la route sont liés à la vitesse, à la consommation d'alcool et de stupéfiants ou à l'utilisation du téléphone au volant. C'est encore plus vrai chez les garçons. Chez les 18-24 ans, dans 9 accidents sur 10, c'est un homme qui est responsable.
Des temps sont prévus pendant la scolarité, mais si quand c'est possible, le mieux c'est d'accompagner soi-même son enfant. On peut verbaliser et expliquer les dangers et les règles à respecter pour être un bon citoyen ou une bonne citoyenne sur la voie publique. Et rappeler que ces règles s'appliquent aussi bien quand on est piéton que quand on conduit un véhicule. Quand les enfants commencent à se déplacer de façon motorisée, pour aller au lycée ou sur leur lieu de formation ou d'apprentissage, si c'est un nouveau trajet, on peut le faire avec eux une fois ou deux pour repérer les dangers et en discuter. Et même si le trajet est connu, rappeler les règles et appeler à la prudence est nécessaire.
La plupart des accidents ont lieu sur les trajets quotidiens.
Il faut également rester vigilant sur l'équipement et le bon état de fonctionnement du véhicule (casque, éclairage, freins etc.). On peut prendre le temps de régulièrement faire une petite vérification avec son ado. Si c'est possible, je recommande de faire passer la conduite accompagnée à son enfant. Elle est désormais accessible dès 15 ans. Si l'objectif est de préparer au mieux les ados au passage du permis de conduire à 17 ans, cette formation permet aussi d'être plus à l'aise et de mieux connaître le code de la route lorsqu'on circule à deux roues. Statistiquement, les personnes qui ont fait la conduite accompagnée ont moins de risques d'avoir un accident.
Chaque parent a une forte influence sur ses enfants. La notion d'exemplarité est capitale. Si tout petit votre enfant vous voit, par exemple, ne pas mettre votre ceinture, griller des feux, répondre au téléphone ou reprendre le volant après avoir bu plusieurs apéritifs chez des amis, il enregistrera ces informations et se dira que les règles peuvent être transgressées sans que ce soit grave. C'est valable en voiture, mais également lorsqu'on se promène à pied ou en vélo avec son enfant. Cela s'applique aux parents, mais également pour les grands-parents qui, parfois, ont un rapport plus souple aux règles car certaines d'entre elles n'existaient pas lorsqu'ils ont passé leur permis de conduire.
J'ai grandi à la campagne et le deux-roues, puis la voiture étaient des outils indispensables pour gagner en autonomie, mais aussi pour se déplacer. J'ai eu plusieurs accidents : un en scooter lorsque j'ai essayé de dépasser un camion arrêté à un stop par la droite et qu'il m'a coincé lorsqu'il est reparti. Un en voiture en rentrant d'une fête avec des copains. Je m'en suis bien sorti, heureusement. Maintenant que je suis père, je ne veux pas que mon fils reproduise les mêmes erreurs que moi.
Il va avoir un scooter, mais avec sa maman, nous avons fixé des règles très strictes : pas de passager, aucune consommation d'alcool ni de drogue, pas de transformation du moteur, pas de trajets en short et t-shirt l'été. J'ai même prévu des éthylotests pour le faire souffler lorsqu'il rentrera de soirée en deux-roues. Au moindre écart, le scooter est revendu.
Pour lui apprendre les règles de conduite, nous avons passé du temps à faire des trajets en vélo plusieurs fois avec lui pour qu'il se rende compte des dangers.
Je l'ai aussi emmené en voiture pour qu'il voit comment les automobilistes perçoivent les deux-roues.
Avec mon conjoint, nous avons souhaité qu'Élise fasse la conduite accompagnée. Je ne suis pas à l'aise en voiture, ça me fait peur et j'ai eu beaucoup de mal à avoir mon permis de conduire. Nous avons trouvé que ce serait plus sécurisant pour nous comme pour elle de commencer à conduire avant de passer son permis.
Au début, ça a été un peu compliqué. Ça a donné lieu à beaucoup de disputes, notamment avec moi, et à quelques frayeurs. Nous avons commencé sur des petites routes ou chemins près de chez nous et nous avons petit à petit élargi le champ des trajets.
Ça nous a également permis de prendre du recul sur notre conduite et nos comportements au volant.
Mon conjoint, qui s'énerve facilement sur la route, a dû faire plus attention. Nous avons tous les deux appris des choses, par exemple comment s'engager et prendre un rond-point. Aujourd'hui Élise conduit sur des longs trajets. C'est parfait pour les vacances, c'est reposant d'avoir une troisième conductrice ! Et de la voir prendre confiance et être à l'aise nous rassure énormément. Nous savons que lorsqu'elle aura son permis et qu'elle sera seule au volant, elle aura assimilé des choses.
Pour en savoir plus sur l'équipement obligatoire et conseillé
Pour en savoir plus sur les trottinettes électriques
Attention, le vélo électrique est différent du vélo à assistance électrique. Un vélo électrique est équipé d'un moteur qui fait avancer le vélo même quand on ne pédale pas. On parle souvent de « speed bike ». Tandis qu'un vélo à assistance électrique est équipé d'un moteur qui est là pour aider à pédaler.
Il n'y a pas d'âge minimum pour conduire un vélo à assistance électrique. En revanche pour conduire un vélo électrique ou speed bike :
Il n'y a pas d'âge minimum pour conduire un vélo classique ou « musculaire », ou un vélo à assistance électrique.
En revanche, le casque est obligatoire pour les enfants jusqu'à 12 ans et le gilet réfléchissant fortement recommandé.
Le dispositif « Savoir Rouler à Vélo » apprend aux enfants à se déplacer en vélo pour l’entrée au collège et installe les bons réflexes dès le plus jeune âge.
Afin d’encourager la pratique du vélo par les collégiennes et les collégiens, le Département de Loire-Atlantique propose une carte collaborative construite avec des élèves cyclistes. Elle retrace leurs circuits à vélo aux alentours de leur collège.